Problèmes de stationnement à Esch Belval

En écho à cet article de presse « Les absurdes problèmes de parking autour de la Rockhal » proposé par le « Luxemburger Wort » en ce dimanche 3 avril, laissez-moi vous présenter sommairement ce P+R dont j’ai vu les premières images avant tout le monde.

C’est en 2009 qu’un de mes clients, l’architecte M. Lucien ZBIORCZYK m’amène une 11e nouvelle affaire aux contraintes bien particulières. Dans le cadre du développement du site remarquable d’Esch-Belval, il est question de construire un nouveau bâtiment qui servirait de parking pour la nouvelle gare qui a été conçue par un autre architecte remarquable qui fut aussi un de nos plus célèbres clients, M. Jim CLEMES.

Sous le contrôle de l’architecte, ma première étape consistait à étudier le potentiel de la parcelle prévue à cet effet. Comme pour toutes études de parking, l’objectif premier est toujours l’accueil d’un maximum de véhicules (≥5000 places à terme) régulés par une fluidité optimale de la circulation. À vrai dire, c’est la phase essentielle qui allait nous dire si le projet serait viable ou non.

La forme de la parcelle, sa situation géographique, sa proximité de la gare et des autres pôles de fréquentations ont clairement profilé la proposition. Plusieurs décideurs œuvraient en amont du projet : Le client final (C.F.L.) qui deviendra notre client direct durant ce projet, le constructeur (Paul WURTH) qui était déjà un de nos clients réguliers et bien sûr l’architecte et les ingénieurs en charge de l’étude.

Ma mission a démarré dès les premières réflexions de l’architecte. Il m’a présenté verbalement ce qu’il a imaginé tout en griffonnant sur un coin de table sa première esquisse.

Le projet serait envisagé en 3 phases. Chacune serait programmée chronologiquement en fonction des besoins du quartier. Mais priorité à la phase 1, celle qui est actuellement construite.

Paul WURTH, l’architecte et les ingénieurs, se mettent d’accord sur un modèle constructif du type industriel. Les techniques de construction métallique étant parfaitement maîtrisées par le groupe, ce concept répondrait à merveille aux contraintes du projet. De longues portées pour dégager au mieux l’espace alloué à la circulation, la capacité à soutenir des charges très lourdes, un système modulaire qui permettrait une construction rapide et surtout économique.

Étant seul à assurer la production graphique pour l’architecte, j’ai opté immédiatement à une conception totale en 3D. Cette technique était une évidence pour ce type de bâtiment qui serait conçu tel un mécano avec des profils de poteaux et poutres récurrents. Même si le système constructif semblait simple, la production intégrale de toutes les pièces graphiques détaillées avec toutes les mises à jour prévisibles pouvait largement dépasser la productivité d’une équipe de dessinateurs en 2D.

Je n’en étais pas à mon coup d’essai puisque vingt-quatre ans plus tôt, je fus le premier, voire le seul au Luxembourg à pouvoir dessiner en 3D des bâtiments complexes. Le projet-phare de l’époque n’était autre que la vitrine technologique du savoir constructif luxembourgeois, j’ai nommé le prestigieux Pavillon du Luxembourg pour l’Exposition Universelle de Séville en 1992. (Vvoir illustrations sur le site web des architectes).

Paul WURTH déjà à cette époque avait pour mission de construire un pavillon en structure métallique. Le bâtiment devait être construit dans ses ateliers au Luxembourg, puis démonté et transporté à Séville pour y être remonté. L’avantage de ce process est bien la maîtrise en amont de tous les aléas techniques d’un bâtiment complexe. Dans ce type de projet, les architectes recherchaient la performance tant au niveau des possibilités structurelles des matériaux que d’une géométrie audacieuse capable de souligner la maîtrise du 100% made in Luxembourg. Mes souvenirs détaillés de cette expérience pourront faire l’objet d’un prochain article.

Mais revenons à notre bâtiment P+R ! L’usage d’une maquette numérique s’est révélé parfait à de multiples moments. Toutes les coupes, les façades, les perspectives et les fonds de plans pour certains détails ont été générés à partir du modèle 3D. Nul besoin de vous évoquer la rapidité de cette production.

Il y a eu encore un moment clé où j’ai remercié mon expérience de m’avoir inspiré. À 10 jours des fêtes de Noël, Lucien m’annonce que les Chemins de Fer Luxembourgeois, souhaiteraient disposer de plusieurs images de synthèse in situ pour rassurer les autorités et valider le projet avant l’autorisation de Bâtir. Malgré le délai très court pour honorer cette nouvelle commande, mon seul stress résidait dans le fait que l’on me branchait en direct avec ce nouveau client. Rappelez-vous que je travaille en général en toute discrétion dans l’ombre des concepteurs. Bref, être présenté de la sorte à un client aussi important est assurément un gage de confiance. Le challenge fut d’étudier avec ce nouveau client un petit scénario pour appréhender ce bâtiment sous divers points de vue. Le temps étant compté, le choix des positions de caméra était primordial.

Après ce petit cahier des charges, j’ai dû établir un devis suffisamment clair pour éviter toute mauvaise surprise. L’offre transmise, l’accord n’a pas attendu. J’avais une semaine pour livrer une dizaine d’images irréfutables. Tout en remerciant une météo clémente, j’ai effectué un photoreportage sur le site pour saisir l’environnement dans sa situation initiale. Bien sûr, je n’ai pas compté mes heures et le projet a été livré en temps et en heure à ce client institutionnel.

La cerise sur le gâteau arrive lorsque les autres acteurs décisionnels vous félicitent pour la qualité du travail et le service rendu. La publication de ses images sur le site web des C.F.L., dans la presse locale ou spécialisée n’est qu’un plaisir supplémentaire qui installe efficacement votre savoir-faire auprès des équipes spécialisées.

Pour voir les autres images du projet, je vous invite à vous rendre sur mon nouveau site web : et pour un aperçu des plans :

Mais si cette histoire s’arrêtait là, je vous aurais bien dit qu’il n’y avait rien d’exceptionnel à tout cela puisque c’est un quotidien connu de beaucoup d’hommes et de femmes de l’art auxquels je rends hommage à chacune de mes missions.

En 2014, j’ai eu la visite du responsable européen du logiciel que j’utilise depuis mes débuts. Il était venu avec le revendeur local me présenter les nouveautés de leur catalogue. Pour mieux se connaître de part et d’autres, j’ai dû présenter quelques références des projets plus ou moins prestigieux sur lesquels j’avais travaillé. À l’issue de cette rencontre, il m’a demandé de sélectionner quelques-uns des projets en vue de concourir à la sélection mondiale des projets réalisés avec leur logiciel. Au début, je n’étais pas très chaud, car je restais attaché à ma traditionnelle discrétion. Après une brève hésitation, je me suis laissé convaincre. Et c’est au moment de la publication de ce catalogue mondial que j’ai reçu la confirmation d’une publication.

Ce catalogue, je le recevais tous les ans depuis plus d’une vingtaine d’années et je ne m’étais jamais imaginé qu’un jour j’y figurerais. Eu égard à tous les acteurs figurant dans le cartouche de ce projet, j’ai mis un point d’honneur à tous les mentionner. Je crois pouvoir dire qu’une bonne majorité d’entre eux ignore encore cette promotion. C’est un peu pour réparer cet oubli que j’ai décidé de vous proposer cet article.

Cordialement,

Saïd MERZOUGUI pour Dside SARL.

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